Matière organique

Les matières organiques du sol se définissent comme « tout ce qui est vivant ou a été vivant dans le sol ». Elles y subissent une dégradation qui mène à leur minéralisation. Le carbone qu’elles contiennent est alors majoritairement relâché dans l’atmosphère sous forme gazeuse. Ces pertes doivent être compensées afin de maintenir le stock de carbone.

Capture d’écran 2016-02-01 à 15.25.17La matière organique entre dans le sol sous forme « fraîche ». Il s’agit de végétaux (chute de feuilles, résidus de culture, exsudats racinaires…), de micro- organismes ou d’animaux morts. Une grande partie est rapide- ment décomposée : en quelques mois, cette matière organique est minéralisée par des organismes décomposeurs (champignons, bactéries…) et transformée en gaz carbonique (CO2) vite relâché dans l’atmosphère*. De manière plus marginale, le lessivage des matières organiques dissoutes, mais aussi l’érosion hydrique et éolienne, ou encore les incendies contribuent à
la perte de matière organique.

L’INFLUENCE DU CLIMAT ET DE LA NATURE DES SOLS

Dans les sols de certains grands écosystèmes, tels que les savanes africaines ou les forêts tropicales, le stockage de matière organique dans le sol se déroule à la même vitesse que sa dégradation. Dans les agro-écosystèmes en revanche, cet équilibre peut être bousculé par de nombreux facteurs, susceptibles de favo- riser l’accumulation de matière organique, ou à l’inverse sa minéralisation. La pluviométrie et la température jouent un rôle majeur. Par exemple, une humi- dité faible ou trop importante entrave l’activité des organismes décomposeurs dans des sols qui accumulent donc naturellement plus de matière organique que d’autres.

Inversement, les activités micro- biologiques sont multipliées par un facteur 2 à 3 lorsque la température augmente de 10 °C. Le changement climatique, qui stimule actuellement la productivité végétale (concentrations atmos- phériques en CO2, température), et la minéralisation des matières organiques, a un impact dif cile à évaluer sur le stockage du car- bone. En n, la nature physique et chimique des sols diminue également la minéralisation, par leur capacité à « protéger » la matière organique (voir encadré).

L’AGRICULTEUR, GESTIONNAIRE DES MATIÈRES ORGANIQUES

En moissonnant ses parcelles, l’agriculteur prélève une quantité substantielle de végétaux. Le retour de matières organiques au sol est alors limité. En outre, des pratiques telles que le labour, en aérant le sol, favorisent l’activité microbienne, et donc la minérali- sation. Étant donnée l’importance de la matière organique et son in uence positive sur l’environ- nement, il s’agit de maintenir des entrées importantes de matières organiques, en les adaptant a minima aux sorties.

Source : Plaquette ADEME